
Au XVIe siècle, alors que royaumes et empires se déchirent pour la suprématie territoriale, les conflits dynastiques et la contestation
du catholicisme embrassant toute l’Europe, la Réforme protestante bat son plein. Elle s’impose particulièrement en Allemagne, France, Suisse,
Écosse et aux Pays-Bas.
Portée par de grandes figures théologiques, humanistes et philosophiques — Martin Luther, Jean Calvin, Ulrich Zwingli, Martin Bucer,
Théodore de Bèze, John Knox et Menno Simons —, cette mouvance bouleverse les fondements religieux de l’époque. Menno Simons, fondateur du
mouvement anabaptiste mennonite, prône une foi individuelle, affranchie de toute hiérarchie ecclésiastique. Les mennonites défendent une
spiritualité personnelle, écologique, communautaire et pacifiste, des valeurs qui essaimeront dans d’autres courants protestants comme les
quakers ou les amish, et qui influenceront plus tard l’esprit des Lumières.
Mais qui sont les mennonites aujourd’hui ? Combien sont-ils ? Où sont-ils implantés ? Frédéric de Coninck, ancien sociologue au CNRS et
professeur à l’École nationale des ponts et chausséess (ENPC), nous éclaire sur ce mouvement protestant évangélique, méconnu du grand public.
À rebours des courants évangéliques nord-américains, les mennonites incarnent une tradition à part, marquée par un engagement pacifiste,
écologique et communautaire.